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« Trouver du sens en mer » : le parcours inspirant de Marilyne Botté, gestionnaire technique

Au cœur des défis liés à la transition énergétique, les parcours de nos collaborateurs apportent un éclairage précieux sur les métiers qui participent à cette transformation. Marilyne Botté, gestionnaire technique sur le parc éolien en mer du Calvados, partage avec nous son expérience et son rôle au sein d’EDF power solutions. Une immersion dans son quotidien, entre technicité, coopération et engagement local à travers 6 questions.

Marilyne, peux-tu nous en dire un peu plus sur ton parcours et ce qui t’a menée à l’éolien en mer ?

Mon parcours peut sembler atypique, mais avec le recul, il suit une certaine logique. Diplômée d’un master en marketing et publicité, un domaine assez éloigné de l’industrie et de la technique, j’ai eu l’opportunité de partir deux ans au Canada. J’ai rejoint le constructeur aéronautique Bombardier en tant qu’Aircraft Lead, en charge de la gestion de toutes les urgences d’approvisionnement sur la ligne de production des avions. C’est un environnement très exigeant, avec beaucoup de pression, mais aussi extrêmement formateur.  

À mon retour en France, j’ai rejoint l’aéroport de Caen comme planificatrice et logisticienne. Le poste a rapidement évolué vers la gestion de la maintenance des avions, où je décidais notamment si un appareil pouvait repartir en vol après intervention. 

Au bout de quatre ans, j’ai senti l’envie d’un projet différent, plus aligné avec mes valeurs. Et c’est là que j’ai vu passer une offre pour le parc éolien en mer du Calvados. Le poste me plaisait sur le papier, mais c’est surtout le feeling en entretien qui m’a convaincue. Je me suis dit : c’est le bon moment, c’est le bon projet. 

2. Ton métier est au cœur du fonctionnement opérationnel du parc. Comment décrirais‑tu ton rôle dans cette mécanique collective ?

En tant que gestionnaire technique, ma mission principale est de gérer l’outil qui permet d’organiser toutes les maintenances du parc : mécaniques, électriques et réglementaires. Concrètement, je prépare les maintenances avec les managers, je planifie les opérations, je vérifie la documentation et je lance les interventions pour les techniciens. Je m’assure aussi que tout est prêt pour eux : les pièces, les process, les informations. C’est vraiment un rôle d’organisation et d’accompagnement. 

Ce qui est intéressant, c’est que je travaille avec tout le monde : les techniciens, les managers mécaniques et électriques, les équipes HSE… On touche à tous les sujets, donc on ne s’ennuie jamais. 

Et je vais aussi en mer une à deux fois par mois. Je suis donc formée pour ça. Aller sur le terrain permet de voir ce qui se passe réellement, de mieux préparer les maintenances et parfois de comprendre ou résoudre des bugs du logiciel. Ça change tout d’être sur place. 

3. Quelles compétences te sont les plus utiles au quotidien ?

La première est la curiosité. Quand on prépare une maintenance, on passe beaucoup de temps à fouiller dans la documentation, à chercher des informations, à comprendre comment fonctionne l’équipement.

Ensuite, il y a la dimension relationnelle. Travailler avec de nombreux interlocuteurs demande de savoir collaborer, écouter, expliquer. C’est important pour que les sujets avancent. Et bien sûr l’organisation, parce qu’entre les process, les plannings et les suivis, il faut être rigoureuse.  

Ce métier m’a appris à aller encore plus loin dans la recherche d’informations, à comprendre des systèmes complexes, et à être un vrai point d’appui pour les équipes. 

4. Le parc éolien en mer du Calvados est un chantier d’envergure. Qu’est‑ce que tu en retiens de l’intérieur ?

C’est un projet d’une ampleur impressionnante. On parle de 64 éoliennes, et en ce moment on utilise une technologie de forage qui est déployée pour la première fois. C’est un chantier où les équipes projet et les équipes O&M (opération et maintenance) travaillent main dans la main, ce qui crée une dynamique très riche : tout le monde avance ensemble pour que le projet progresse au mieux. 

Et il y a tout ce qu’on ne soupçonne pas forcément : un service dédié au dialogue avec les pêcheurs, un autre qui gère toutes les visites de la base, mais aussi un service environnement qui suit la flore et la faune, par exemple en posant des balises sur des phoques veau-marin pour vérifier que leurs déplacements ne sont pas perturbés.  

On ne s’imagine pas tout ce qu’un tel projet implique. Et pour moi, c’est aussi un projet très personnel : je suis née à Caen. Participer au développement du mix énergétique de ma région, c’est une vraie fierté.  

5. Qu’est‑ce qui te porte au quotidien dans ce projet exigeant et encore en construction ?

Déjà, j’aime vraiment mon travail. C’est une chance de pouvoir le dire. Et on a un environnement de travail exceptionnel : la mer, le port, le lever du soleil le matin… c’est un cadre unique. 

Il y a aussi l’équipe. Il y règne une atmosphère de bienveillance et de collaboration qui fait toute la différence. De plus, j’adore la polyvalence ; je touche à plein de sujets différents. Depuis plus de deux ans, il n’y a pas eu une seule journée où je me suis dit que je tournais en rond.  Je suis également fière d’évoluer en tant que femme dans un environnement industriel. Ayant toujours travaillé dans des milieux très masculins, et c’est encourageant de voir que les choses changent progressivement.

6. Si tu devais transmettre une conviction forte à d’autres professionnels, quelle serait-elle ?

La bienveillance est essentielle. Sans elle, il n’y a pas de cohésion d’équipe, et sans cohésion, il n’y a pas de performance. Au parc éolien en mer du Calvados, nous avons la chance de travailler ensemble dans le respect et l’écoute, et cela nous permet d’avancer vers des objectifs communs de manière harmonieuse. Je suis convaincue que cette bienveillance, accompagnée d’écoute et de respect, est la clé pour accomplir de grandes choses.