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Energie et biodiversité : Le pari réussi de la centrale de Gabardan

Dans les Landes la centrale solaire de Gabardan célèbre 15 ans de coexistence réussie entre énergie solaire et préservation du vivant. Un retour d’expérience précieux qui démontre, grâce aux nombreux suivis écologiques menés par des naturalistes indépendants, comment une centrale solaire peut devenir un lieu favorable à la biodiversité.

Il faut s’enfoncer au cœur du massif forestier landais pour découvrir les 300 hectares de la centrale solaire de Gabardan. Ici, à l’ombre des grands pins, l’une des toutes premières centrales solaires de France produit une électricité décarbonée depuis 2011. Quinze ans après son inauguration, la centrale est devenue bien plus qu’un site de production d’énergie : un site pionnier pour observer la cohabitation entre solaire et biodiversité.

Dès la conception du parc, la priorité a été d’appliquer la démarche d’évitement des impacts, en maximisant la préservation des zones humides et des 5 mares existantes sur le site. Pour renforcer ces réservoirs de biodiversité, 2 mares supplémentaires ont été créées. Un aménagement qui offre aujourd’hui un refuge idéal aux amphibiens, aux libellules et à la Cistude d’Europe (tortue d’eau douce française).

L’ouverture du milieu qui permet de diversifier les habitats

L’implantation de la centrale a également apporté une nouvelle dynamique à ce lieu.

« La forêt de pins constitue naturellement un milieu dit « fermé » et ombragé. En installant la centrale, nous avons « ouvert » le milieu en créant des zones dégagées et ensoleillées entre les rangées de panneaux », explique Mickaël, environnementaliste au sein d’EDF power solutions. « Cette diversité de milieux a attiré des espèces différentes de celles que l’on retrouve habituellement sous le couvert des pins. »

Plus de 100 espèces suivies par des experts indépendants

Pour évaluer la réalité des impacts sur le terrain, des suivis naturalistes rigoureux sont menés tous les deux ans par des écologues indépendants. Le bilan après 15 ans est positif : plus d’une centaine d’espèces s’épanouissent désormais sur le site.

« Notre rôle est de mesurer l’efficacité des actions environnementales mises en place », précise l’un des naturalistes référents du projet. « Les résultats sont très encourageants : le Fadet des laîches, un papillon protégé et menacé, s’est bien maintenu et dispersé. Du côté des zones humides, les mares créées et préservées accueillent aujourd’hui la Cistude d’Europe — une tortue qui vient se réchauffer sur les pontons dédiés — ainsi que la Leucorrhine à front blanc, une libellule rare. »

L’Alouette lulu a quant à elle réinvesti le parc pour y nicher, tandis que le Pipit des arbres utilise régulièrement les panneaux solaires en guise de perchoir.

Concilier sécurité incendie et gestion de la végétation

L’autre défi majeur en milieu forestier réside dans la prévention du risque incendie. À Gabardan, la gestion de la végétation fait l’objet d’un suivi fin et continu, dans le strict respect des réglementations et recommandations locales en vigueur. « Nous appliquons une gestion différenciée », indique Laura, environnementaliste à EDF power solutions. « Sous les panneaux, l’herbe est maintenue courte pour éviter l’accumulation de végétation sèche et prévenir tout risque de départ de feu. En revanche, entre les rangées, nous laissons la végétation pousser davantage. C’est grâce à cette fauche adaptée qu’une plante comme la molinie bleue a pu réapparaître spontanément. »

Un lieu de vie et de pédagogie : découvrez le film

En 15 ans, la centrale solaire de Gabardan est devenue un véritable lieu de vie et d’apprentissage, à travers le nouveau parcours de course d’orientation conçu avec la Fédération de Course d’Orientation. Celui-ci porte un double objectif : sportif (VTT, course, marche…) et pédagogique à travers la découverte de la centrale solaire et de la faune et la flore qui l’occupent. Un parcours qui nous invite à regarder autrement notre rapport aux énergies solaires !